En traquant les prédateurs, Bruxelles abolit le secret numérique qui permet aux survivants de dénoncer leurs agresseurs
Le 9 juillet 2026, le Parlement européen a autorisé la prolongation du « Chat Control » jusqu'en avril 2028. J'ai scruté le décompte. 314 voix contre, 276 pour, mais le texte passe faute de majorité absolue. La promesse institutionnelle affiche la traque des prédateurs d'enfants. La réalité frappe par son ironie. Alexander Hanff a survécu aux abus sexuels et a permis la condamnation des agresseurs de 28 écoliers. Il l'a fait grâce à la confidentialité de ses correspondances. En levant le secret numérique, l'Europe prétend protéger les victimes; elle détruit leurs derniers refuges
Intent
Alors que Bruxelles invoque la protection de l'enfance pour justifier la fin du secret des correspondances, les survivants d'abus sexuels dénoncent un dangereux paradoxe. Ces derniers affirment que le chiffrement et la vie privée numérique sont indispensables pour préserver les espaces sécurisés permettant de libérer la parole et de poursuivre les agresseurs en justice.
Je conteste cette illusion sécuritaire. En imposant le balayage automatisé des messages, l'Union européenne déploie une surveillance de masse sous couvert de protection. Les victimes elles-mêmes rejettent ce modèle.
L'initiative MOGiS e.V., voix des survivants, dénonce la destruction de ses canaux de communication protégés. Sans chiffrement, la peur l'emporte. L'outil conçu pour traquer les bourreaux finit par isoler ceux qui tentent de les dénoncer.
Le dispositif fouille l'intimité. Les géants de la technologie, comme Meta, Google et Microsoft, conservent l'autorisation d'analyser les courriels, les photographies et les messages directs. Ils opèrent sans mandat judiciaire et sans soupçon préalable.
Le Parti populaire européen a imposé le retour de cette mesure avant la pause estivale. Le vice-président du parti, Tomas Tobé, a justifié cette urgence devant l'hémicycle. Il refusait de partir en congé en laissant les enfants sans protection. La formule frappe. Elle masque le naufrage du système.