L'Arizona sans accord budgétaire avant le discours de Bart De Wever
Samedi soir, au 16 rue de la Loi, le comité restreint s'est séparé sans avoir pu boucler les 10 milliards d'euros d'économies exigés d'ici 2029. Ce constat de carence annule la « State of the Union » prévue ce mardi 13 octobre. Entre les querelles sur la TVA et les soins de santé, la coalition Arizona se heurte déjà à ses propres murs. Mercredi soir, Bart De Wever a convoqué Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale, et Jean Deboutte, directeur de l'Agence de la dette, pour un rappel à l'ordre. Les deux experts ont averti: sans mesures drastiques, l'effet « boule de neige » des intérêts pourrait survenir dès 2028, avançant de trois ans les prévisions de 2031. Samedi, Moody’s a maintenu la note A1 du pays, offrant un sursis fragile à une coalition épuisée par les bilatérales. La séance de samedi s'est close après trois heures de débats stériles sur un tableau où la N-VA propose de porter la TVA à 22 % et d'unifier les taux réduits à 9 %. Le MR rejette ce schéma, tandis qu'un veto libéral bloque le sort de treize boursiers gazaouis. Entre les cabinets, l'estimation des recettes de la « ligne zéro » fluctue de 2,3 à 4 milliards d'euros. De Wever a jeté sur le tapis un « startkader », une note d’une demi-page à peine, où le flou sert de paravent pour ne point effaroucher les susceptibilités. Ce menu de 14 milliards de mesures, qu’il s’agit de raboter pour atteindre l’objectif, ressemble à un inventaire où chaque ministre pioche ses aversions. Le Premier ministre s'épuise à maintenir un équilibre entre la rigueur flamande et les boucliers sociaux du CD&V ou de Vooruit. David Clarinval, pour le MR, a tenté une manœuvre de diversion en proposant de couper l’effort en deux: cinq milliards cette année, cinq la suivante. Cette tactique du saucissonnage a été balayée par les partenaires, refusant de naviguer à vue face aux variables mondiales. Le libéral a quitté la table en actant de « très très nombr…
· 5 min
L’échec budgétaire du kern fissure l’unité de la coalition Arizona
Samedi 10 octobre, les ministres du "kern" ont quitté la table sans le compromis financier attendu pour le 13 octobre. Ce blocage sur la TVA et la dette publique questionne la survie du projet gouvernemental. Essayons de sonder les racines de cette impasse qui paralyse l’action fédéral. Mercredi 7 octobre, Pierre Wunsch et Jean Deboutte ont sonné le tocsin devant le "kern". Le gouverneur de la Banque nationale et le directeur de l'Agence de la dette prévoient un emballement des intérêts dès 2028 sans un redressement de 10 milliards d'euros. Samedi, à 15 heures, la discussion a buté sur le détail chiffré de Bart De Wever: porter le taux de TVA à 22 %. David Clarinval a proposé de diviser l'effort en deux tranches annuelles de 5 milliards, une manœuvre balayée par les quatre autres partenaires. Le climat s'est alourdi avec le dossier des treize étudiants gazaouis boursiers. Maxime Prévot dénonce un blocage du MR sur leur visa, malgré l'aval d'Anneleen Van Bossuyt. À 18 heures, les ministres ont acté l'impasse, rendant impossible la tenue du "State of the Union" ce mardi. Au 16, rue de la Loi, les couloirs bruissent d’une querelle de chiffres que les initiés nomment la « ligne zéro ». Derrière ce jargon, les cabinets s'affrontent sur les recettes réelles face aux promesses de l'accord de gouvernement. Les estimations divergent de deux milliards d'euros, oscillant entre 2,3 et 4 milliards selon que l'on intègre ou non les effets du retour au travail et les politiques d'asile. C’est une arithmétique de tranchées. Jan Jambon, ministre des Finances, reconnaît qu’il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour accorder ces violons discordants. Le vrai venin coule dans les veines de la sécurité sociale. La note De Wever suggère de raboter la norme de croissance des soins de santé, une perspective qui fait bondir les centristes et les socialistes flamands. Frank Vandenbroucke exige que les efforts pèsent s…
· 5 min
Trouver dix milliards d'euros sans brider une économie belge en stagnation
Bart De Wever et la coalition Arizona entament ce mardi un marathon budgétaire pour freiner un déficit menaçant d'atteindre 8 % du PIB d'ici 2031. Face à la croissance nulle constatée au deuxième trimestre 2026, l'exécutif doit arbitrer entre rigueur fiscale et relance de l'activité. Analyse des leviers d'une stratégie visant à éviter l'auto-alimentation de la dette. Le produit intérieur brut de la Belgique s'élevait à environ 642 milliards d'euros en 2025. L'exécutif doit remettre sa trajectoire pluriannuelle à la Commission européenne avant le 15 octobre prochain. Si les règles de l'Union imposent un assainissement de 7,7 milliards d'euros, le cabinet privilégie une marge de sécurité supérieure pour anticiper d'éventuels chocs internationaux. Cette pression budgétaire naît de la crainte de voir les intérêts de la dette dépasser le taux de croissance. Ce cycle financier menace la solvabilité nationale. En 2025, l'absence d'accord budgétaire avait contraint l'État à fonctionner sous le régime des douzièmes provisoires. L'économiste Bart Van Craeynest rappelle qu'un seul point de PIB supplémentaire injecterait 3 milliards d'euros de recettes fiscales dans les caisses publiques. Le scénario d'une harmonisation de la TVA à 9 % revient sur la table des discussions bilatérales. Cette réforme technique vise à compenser le coût de la baisse de la fiscalité sur le travail, estimé à 5 milliards d'euros par an, tout en déplaçant la charge fiscale vers la consommation finale. Le projet prévoit d'augmenter la quotité exemptée d'impôt pour offrir un gain moyen de 823 euros par an à chaque contribuable belge. Pour le Premier ministre, ce glissement fiscal doit stimuler l'emploi. L'épargne salariale constitue un levier budgétaire immédiat avec un rendement potentiel d'un milliard d'euros. Le gouvernement envisage de soumettre à cotisations les primes d'intéressement et les abondements patronaux dès qu'ils …
· 4 min
Engie refile ses vieilles carcasses nucléaires sur le dos des Belges
À Paris, l’action Engie culmine à 26,59 euros, portée par un bond de 46 % en un an. Catherine MacGregor peut sourire: elle a signé, le 30 avril 2026, une lettre d’intention qui ressemble à un miracle comptable. Pendant que la Bourse applaudit ce désengagement, à Bruxelles, Bart De Wever s’apprête à récupérer sept réacteurs fatigués, dont les premiers furent mis en service en 1975. C’est une opération de débarras: pour un chèque forfaitaire de 15 milliards d’euros, le groupe français abandonne les clés, les déchets et les fissures au contribuable belge. On appelle cela, parait-il, de la souveraineté. Ce forfait fige l'ardoise d'Engie, la mettant définitivement à l'abri des réévaluations triennales qui empoisonnaient ses bilans. L'ONDRAF pointe déjà un écart de 4 milliards d'euros dans les provisions, mais l'État préfère ignorer le gouffre pour s'offrir un mirage de contrôle. En suspendant le démantèlement par décret, la coalition Arizona parie sur la résurrection de reliques comme Tihange 1, au risque d'exploser les budgets de maintenance. C'est une décharge transformée en trésor national. On vise le 1er octobre 2026 pour sceller le protocole définitif. Dans les couloirs du ministère de l’Énergie, on s’agite, mais les rangs s’éclaircissent. Mathieu Bihet a vu son chef de cabinet démissionner en plein bras de fer, laissant Pierre Brassinne reprendre les dossiers au débotté face aux experts d’Engie qui pratiquent l’atome depuis quarante ans. C’est un duel entre un propriétaire de paquebot qui veut saborder sa vieille flotte et un acheteur qui n'a jamais tenu la barre. « Nous ne devons pas acheter chat dans un sac », prévient Maxime Prévot depuis Pékin. Trop tard: le sac est déjà sur la table, et l’État accepte d’y fourrer non seulement les réacteurs, mais aussi tout le personnel et des filiales spécialisées dont il devient l’unique patron. Les patrons flamands du Voka et les gros bras de Febeliec pou…
· 4 min
Trente Belges s'aventurent au Groenland face aux géants
Trente-trois militaires belges, dont des Special Forces, s'envolent pour le Groenland. Du 4 au 18 septembre 2026, ils rejoindront la mission « Arctic Sentry », un nom de parade pour surveiller l'immense territoire que Donald Trump voulait s'offrir. L'OTAN, dit-on, veut prouver qu'elle peut garder la maison sans le maître américain. Mais face aux appétits russes et chinois, à cette course aux glaces qui s'emballe, trente hommes, c'est une poignée de mouches sur un éléphant. Trente hommes contre l'immensité du Groenland, c'est une plaisanterie. Le ministre Theo Francken peut bien annoncer l'envoi de ce détachement, mais face aux ambitions de la Russie et de la Chine dans la course aux ressources et aux routes maritimes, cette patrouille de deux semaines du 4 au 18 septembre 2026 ne pèse rien. Un geste pour la galerie, pas pour la guerre. Le ministre Theo Francken, l'œil brillant sans doute, a bien annoncé que ces trente-trois hommes, dont des Special Forces, iraient "montrer à Trump" que l'OTAN sait faire le travail. Un travail de deux semaines, du 4 au 18 septembre 2026, à survoler des glaces, à tester des drones et des bidules anti-drones. Un terrain idéal, paraît-il, pour ces jeux de guerre, vu l'immensité du Groenland. Mais l'immensité, c'est aussi ce qui avale les petites troupes sans même un hoquet. On nous dit que le Canada, le Danemark, la France, la Finlande, les Pays-Bas, la Slovénie et la Suède feront la ronde avec nos Belges. Une belle brochette de nations, certes, mais le Groenland, c'est plus de deux millions de kilomètres carrés. Un mouchoir de poche pour les ambitions de la Russie et de la Chine, qui lorgnent les routes maritimes et les richesses enfouies sous la glace. Trente hommes, même d'élite, pour surveiller un tel morceau de planète, c'est comme envoyer un gamin avec une sarbacane pour chasser l'ours polaire. Le président américain, lui, avait menacé d'acheter l'île, de l'annexer même, pou…
· 4 min
Le F-35 brade l’autonomie belge pour une poignée de boulons en titane
Theo Francken et Bart De Wever saluent en grande pompe le Lightning II, ordinateur volant à 42 000 dollars l’heure de vol. Sous l’œil du Roi Philippe, Safran Aero Boosters et BMT Aerospace se contentent désormais d’imprimer des pièces moteur en 3D. Ce virage scelle notre dépendance aux serveurs de Washington. En octobre 2018, le cabinet de Charles Michel signait pour 34 chasseurs américains, écartant les offres européennes sans qu'un seul aviateur national n'ait testé le cockpit. Ce contrat de 3,8 milliards d'euros enterre le souvenir des chaînes de montage de la SABCA, où les ouvriers belges vissaient jadis chaque rivet des F-16. À Florennes, la base s'est métamorphosée: 300 millions d'euros ont été investis dans des hangars spéciaux pour abriter ces machines de cinquième génération. La livraison de juillet 2026 marque l'entrée en service d'un appareil dont le cœur bat au rythme du système ALIS, géré depuis les États-Unis. L'avion exige une connexion aux serveurs de Lockheed Martin tous les trente jours sous peine de désactivation logicielle. Cette dépendance technique s'accompagne d'un rôle industriel réduit: les usines nationales ne produisent plus que des composants de turbine en titane pour le moteur F135. Au salon de Farnborough, les sourires de façade masquent une réalité industrielle plus aride: l’accord conclu avec Pratt & Whitney scelle le rôle de la Belgique comme simple façonnier de haute précision. Safran Aero Boosters et BMT Aerospace vont désormais imprimer en 3D des composants de grande taille, des pièces en titane qualifiées de « hautement complexes » pour le moteur F135. On est loin des 1 650 entreprises et des 250 000 salariés qui gravitent autour des chaînes de montage de Lockheed Martin au Texas. La Belgique, jadis capable d'assembler des cellules de F-16 de la queue au nez, se replie sur la fabrication additive de pièces détachées dont elle ne maîtrise pas l'architecture glo…