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Le F-35 brade l’autonomie belge pour une poignée de boulons en titane
Theo Francken et Bart De Wever saluent en grande pompe le Lightning II, ordinateur volant à 42 000 dollars l’heure de vol. Sous l’œil du Roi Philippe, Safran Aero Boosters et BMT Aerospace se contentent désormais d’imprimer des pièces moteur en 3D. Ce virage scelle notre dépendance aux serveurs de Washington. En octobre 2018, le cabinet de Charles Michel signait pour 34 chasseurs américains, écartant les offres européennes sans qu'un seul aviateur national n'ait testé le cockpit. Ce contrat de 3,8 milliards d'euros enterre le souvenir des chaînes de montage de la SABCA, où les ouvriers belges vissaient jadis chaque rivet des F-16. À Florennes, la base s'est métamorphosée: 300 millions d'euros ont été investis dans des hangars spéciaux pour abriter ces machines de cinquième génération. La livraison de juillet 2026 marque l'entrée en service d'un appareil dont le cœur bat au rythme du système ALIS, géré depuis les États-Unis. L'avion exige une connexion aux serveurs de Lockheed Martin tous les trente jours sous peine de désactivation logicielle. Cette dépendance technique s'accompagne d'un rôle industriel réduit: les usines nationales ne produisent plus que des composants de turbine en titane pour le moteur F135. Au salon de Farnborough, les sourires de façade masquent une réalité industrielle plus aride: l’accord conclu avec Pratt & Whitney scelle le rôle de la Belgique comme simple façonnier de haute précision. Safran Aero Boosters et BMT Aerospace vont désormais imprimer en 3D des composants de grande taille, des pièces en titane qualifiées de « hautement complexes » pour le moteur F135. On est loin des 1 650 entreprises et des 250 000 salariés qui gravitent autour des chaînes de montage de Lockheed Martin au Texas. La Belgique, jadis capable d'assembler des cellules de F-16 de la queue au nez, se replie sur la fabrication additive de pièces détachées dont elle ne maîtrise pas l'architecture glo…
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