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Tunisie, pénurie d'eau et d'électricité nationale

À la fin d’août 2026, la Tunisie suffoque sous 50 degrés, portant la consommation au record de 6 000 mégawatts. Le réseau de la STEG, saturé, impose des délestages massifs qui coupent l'eau aux robinets et menacent la survie des patients sous assistance respiratoire. Face aux frigos éteints et aux élevages décimés, le président Kaïs Saïed dénonce des « actes prémédités », quand les techniciens déplorent un système vieillissant incapable d'absorber la fournaise. « On dirait que Dieu a ouvert les portes de l’enfer ». À Tunis, dans une pâtisserie plongée dans le noir, l’employée regarde ses gâteaux s’affaisser sous la moiteur. À Bhar Lazreg, Mariem n’a plus de ventilateur; elle s’allonge à même le carrelage, une bouteille d’eau congelée pressée contre la poitrine pour ne pas étouffer. Dans la banlieue sud, un boucher écoute ses chambres froides gémir à chaque baisse de tension. « Ils vont me bousiller mon frigo », lâche-t-il, impuissant devant ses quartiers de viande qui commencent à suer. À Manouba, la conduite principale de 800 millimètres a lâché net, asséchant les réservoirs d’El Fejja et laissant Mornaguia et Tebourba sans une goutte d’eau. C’est le règne de la débrouille. On évite les ascenseurs par peur du piège. On attend la nuit, mais le courant s'éteint encore de 22h à 1h du matin. Les familles des quartiers Kallèch et Ben Dhiaf guettent désormais le robinet comme un miracle. Le réseau électrique tunisien est un grand corps malade qui survit grâce à un cordon ombilical algérien: 75 % du gaz brûlé dans les centrales vient du voisin. La STEG, architecte de ce chaos, affiche une dette de 7,3 milliards de dinars, alors que les administrations publiques lui doivent 6 milliards. C'est une faillite qui transpire. Pour sauver ce qui reste de stabilité, on découpe le pays en zones de silence, de Menzel Bourguiba à Gabès, en passant par les quartiers de Djerba comme Midoun ou Houmt Souk. On débranche les humbles pour n…

© Mediapart

28 août 2026 · 9 min

01
Politique
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Trouver dix milliards d'euros sans brider une économie belge en stagnation

Bart De Wever et la coalition Arizona entament ce mardi un marathon budgétaire pour freiner un déficit menaçant d'atteindre 8 % du PIB d'ici 2031. Face à la croissance nulle constatée au deuxième trimestre 2026, l'exécutif doit arbitrer entre rigueur fiscale et relance de l'activité. Analyse des leviers d'une stratégie visant à éviter l'auto-alimentation de la dette. Le produit intérieur brut de la Belgique s'élevait à environ 642 milliards d'euros en 2025. L'exécutif doit remettre sa trajectoire pluriannuelle à la Commission européenne avant le 15 octobre prochain. Si les règles de l'Union imposent un assainissement de 7,7 milliards d'euros, le cabinet privilégie une marge de sécurité supérieure pour anticiper d'éventuels chocs internationaux. Cette pression budgétaire naît de la crainte de voir les intérêts de la dette dépasser le taux de croissance. Ce cycle financier menace la solvabilité nationale. En 2025, l'absence d'accord budgétaire avait contraint l'État à fonctionner sous le régime des douzièmes provisoires. L'économiste Bart Van Craeynest rappelle qu'un seul point de PIB supplémentaire injecterait 3 milliards d'euros de recettes fiscales dans les caisses publiques. Le scénario d'une harmonisation de la TVA à 9 % revient sur la table des discussions bilatérales. Cette réforme technique vise à compenser le coût de la baisse de la fiscalité sur le travail, estimé à 5 milliards d'euros par an, tout en déplaçant la charge fiscale vers la consommation finale. Le projet prévoit d'augmenter la quotité exemptée d'impôt pour offrir un gain moyen de 823 euros par an à chaque contribuable belge. Pour le Premier ministre, ce glissement fiscal doit stimuler l'emploi. L'épargne salariale constitue un levier budgétaire immédiat avec un rendement potentiel d'un milliard d'euros. Le gouvernement envisage de soumettre à cotisations les primes d'intéressement et les abondements patronaux dès qu'ils …

8 septembre 2026

Chroniques

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Environnement
E 73S 76N 71V 74

Dernières publications

01

Matthieu Pigasse, le banquier d'affaires qui drague la gauche pour 2027

International · ·

Trouver dix milliards d'euros sans brider une économie belge en stagnation

Bart De Wever et la coalition Arizona entament ce mardi un marathon budgétaire pour freiner un déficit menaçant d'atteindre 8 % du PIB d'ici 2031. Face à la croissance nulle constatée au deuxième trimestre 2026, l'exécutif doit arbitrer entre rigueur fiscale et relance de l'activité. Analyse des leviers d'une stratégie visant à éviter l'auto-alimentation de la dette. Le produit intérieur brut de la Belgique s'élevait à environ 642 milliards d'euros en 2025. L'exécutif doit remettre sa trajectoire pluriannuelle à la Commission européenne avant le 15 octobre prochain. Si les règles de l'Union imposent un assainissement de 7,7 milliards d'euros, le cabinet privilégie une marge de sécurité supérieure pour anticiper d'éventuels chocs internationaux. Cette pression budgétaire naît de la crainte de voir les intérêts de la dette dépasser le taux de croissance. Ce cycle financier menace la solvabilité nationale. En 2025, l'absence d'accord budgétaire avait contraint l'État à fonctionner sous le régime des douzièmes provisoires. L'économiste Bart Van Craeynest rappelle qu'un seul point de PIB supplémentaire injecterait 3 milliards d'euros de recettes fiscales dans les caisses publiques. Le scénario d'une harmonisation de la TVA à 9 % revient sur la table des discussions bilatérales. Cette réforme technique vise à compenser le coût de la baisse de la fiscalité sur le travail, estimé à 5 milliards d'euros par an, tout en déplaçant la charge fiscale vers la consommation finale. Le projet prévoit d'augmenter la quotité exemptée d'impôt pour offrir un gain moyen de 823 euros par an à chaque contribuable belge. Pour le Premier ministre, ce glissement fiscal doit stimuler l'emploi. L'épargne salariale constitue un levier budgétaire immédiat avec un rendement potentiel d'un milliard d'euros. Le gouvernement envisage de soumettre à cotisations les primes d'intéressement et les abondements patronaux dès qu'ils …

8 septembre 2026 · 4 min

02
Bruxelles
E 76S 79N 75V 78

Saint-Gilles abandonnée aux Kalachnikovs par un État sourd aux appels au secours

Le 24 août 2026, dix-huit impacts de balles ont lacéré la place des Deux Bancs sous les yeux d'enfants pétrifiés. Ce décryptage explore le gouffre entre le cri du maïeur Jean Spinette et la communication du ministre Bernard Quintin. La loi s'efface désormais devant le sifflement du plomb. La série débute dans la nuit du 21 au 22 août 2026, rue Démosthène à Anderlecht, où le commissariat local sert de cible à une arme automatique. Deux silhouettes juchées sur des trottinettes arrosent la pierre avant de s'éclipser. Le samedi soir, le sifflement du plomb s'invite au croisement des rues Gustave Defnet et du Monténégro pour loger une balle dans la jambe d'un passant. Le dimanche 23 août, à 7 heures, le réveil sonne sous forme de projectile: une trajectoire perdue traverse la fenêtre d'un appartement au 4 rue Fontainas, manquant de peu une habitante encore au lit. La nuit suivante, la chaussée de Forest résonne à son tour, provoquant l'interpellation de deux suspects. Ce cycle de quatre fusillades en quatre jours transforme le quartier en un stand de tir permanent où la police ramasse les douilles à la cadence du narcotrafic. Jean Spinette ne décolère pas dans ce qu’il persiste à appeler son « village ». Le maïeur socialiste a passé sa soirée à consoler des enfants attablés à une terrasse de pizzeria pendant qu'un tireur s'évaporait dans la nature, laissant derrière lui une population qui n'ose plus regarder par la fenêtre. Pour lui, la sécurité de base a simplement disparu. Il regarde les impacts au sol, dix-huit marques de mépris pour la loi, et envisage désormais de requérir la police fédérale sur la base de l'article 43 de la loi sur la fonction de police. C’est le dernier recours, le bouton d’alarme qui permet de solliciter des renforts nationaux quand les moyens locaux sont épuisés face à une menace grave et imminente contre l'ordre public. ### Le recours à la loi de fer Cela fait tro…

27 août 2026 · 6 min

03
Environnement
E 76S 79N 76V 77

Soixante ans pour réparer les cicatrices écologiques du brasier des Fagnes

L'incendie historique ayant dévasté 3 000 hectares de la réserve naturelle soulève une crise écologique dont la résolution s'étendra sur deux générations. Entre la lente régénération des tourbières et la mobilisation du Fonds de solidarité européen, nous analysons les mécanismes de reconstruction d'un écosystème défiguré. Voici le décryptage des défis financiers et biologiques qui attendent le haut plateau. Le 14 août 2026 à 17h30, l'alerte BE-Alert signale les premières flammes sur les hauteurs de Liège. La Belgique sollicite le mécanisme européen de protection civile dès le vendredi après-midi. À l'aérodrome de Spa-La Sauvenière, une coordination internationale regroupe des experts de Suède, d'Allemagne, de Norvège et des Pays-Bas. Deux avions suédois de type Air Tractor Fire Boss opèrent des largages avec un Chinook néerlandais. Le feu pénètre les couches profondes de tourbe, couvant hors de portée des lances classiques. Hervé Jamar, gouverneur de la province de Liège, maintient le périmètre bouclé face à des reprises nocturnes dans le secteur est. Trois cents habitants de Sourbrodt, Bütgenbach et Montjoie ont quitté leurs foyers durant cinq jours. La circulation sur les nationales N68 et N672 reste interdite pour laisser passage aux camions-citernes 4X4 de la Défense et du Limbourg. Michael Bleret estime que les traces du passage thermique aux abords des tourbières actives resteront visibles durant cinq à six décennies. Le feu altère la composition chimique du sol et anéantit les micro-habitats de nombreuses espèces protégées [web research context]. Ces écosystèmes servent de réservoirs de carbone dont la régénération naturelle s'avère extrêmement lente [web research context]. Laurence Drèze, représentante du WWF-Belgique, rapporte un silence total dû à la disparition des oiseaux et des insectes dans les secteurs calcinés. La vie s'est tue. La Fondation Roi Baudouin gère le compte BE10 0…

20 août 2026 · 5 min

· 4 min

Engie refile ses vieilles carcasses nucléaires sur le dos des Belges

À Paris, l’action Engie culmine à 26,59 euros, portée par un bond de 46 % en un an. Catherine MacGregor peut sourire: elle a signé, le 30 avril 2026, une lettre d’intention qui ressemble à un miracle comptable. Pendant que la Bourse applaudit ce désengagement, à Bruxelles, Bart De Wever s’apprête à récupérer sept réacteurs fatigués, dont les premiers furent mis en service en 1975. C’est une opération de débarras: pour un chèque forfaitaire de 15 milliards d’euros, le groupe français abandonne les clés, les déchets et les fissures au contribuable belge. On appelle cela, parait-il, de la souveraineté. Ce forfait fige l'ardoise d'Engie, la mettant définitivement à l'abri des réévaluations triennales qui empoisonnaient ses bilans. L'ONDRAF pointe déjà un écart de 4 milliards d'euros dans les provisions, mais l'État préfère ignorer le gouffre pour s'offrir un mirage de contrôle. En suspendant le démantèlement par décret, la coalition Arizona parie sur la résurrection de reliques comme Tihange 1, au risque d'exploser les budgets de maintenance. C'est une décharge transformée en trésor national. On vise le 1er octobre 2026 pour sceller le protocole définitif. Dans les couloirs du ministère de l’Énergie, on s’agite, mais les rangs s’éclaircissent. Mathieu Bihet a vu son chef de cabinet démissionner en plein bras de fer, laissant Pierre Brassinne reprendre les dossiers au débotté face aux experts d’Engie qui pratiquent l’atome depuis quarante ans. C’est un duel entre un propriétaire de paquebot qui veut saborder sa vieille flotte et un acheteur qui n'a jamais tenu la barre. « Nous ne devons pas acheter chat dans un sac », prévient Maxime Prévot depuis Pékin. Trop tard: le sac est déjà sur la table, et l’État accepte d’y fourrer non seulement les réacteurs, mais aussi tout le personnel et des filiales spécialisées dont il devient l’unique patron. Les patrons flamands du Voka et les gros bras de Febeliec pou…

7 août 2026 · 4 min

Trente Belges s'aventurent au Groenland face aux géants

Trente-trois militaires belges, dont des Special Forces, s'envolent pour le Groenland. Du 4 au 18 septembre 2026, ils rejoindront la mission « Arctic Sentry », un nom de parade pour surveiller l'immense territoire que Donald Trump voulait s'offrir. L'OTAN, dit-on, veut prouver qu'elle peut garder la maison sans le maître américain. Mais face aux appétits russes et chinois, à cette course aux glaces qui s'emballe, trente hommes, c'est une poignée de mouches sur un éléphant. Trente hommes contre l'immensité du Groenland, c'est une plaisanterie. Le ministre Theo Francken peut bien annoncer l'envoi de ce détachement, mais face aux ambitions de la Russie et de la Chine dans la course aux ressources et aux routes maritimes, cette patrouille de deux semaines du 4 au 18 septembre 2026 ne pèse rien. Un geste pour la galerie, pas pour la guerre. Le ministre Theo Francken, l'œil brillant sans doute, a bien annoncé que ces trente-trois hommes, dont des Special Forces, iraient "montrer à Trump" que l'OTAN sait faire le travail. Un travail de deux semaines, du 4 au 18 septembre 2026, à survoler des glaces, à tester des drones et des bidules anti-drones. Un terrain idéal, paraît-il, pour ces jeux de guerre, vu l'immensité du Groenland. Mais l'immensité, c'est aussi ce qui avale les petites troupes sans même un hoquet. On nous dit que le Canada, le Danemark, la France, la Finlande, les Pays-Bas, la Slovénie et la Suède feront la ronde avec nos Belges. Une belle brochette de nations, certes, mais le Groenland, c'est plus de deux millions de kilomètres carrés. Un mouchoir de poche pour les ambitions de la Russie et de la Chine, qui lorgnent les routes maritimes et les richesses enfouies sous la glace. Trente hommes, même d'élite, pour surveiller un tel morceau de planète, c'est comme envoyer un gamin avec une sarbacane pour chasser l'ours polaire. Le président américain, lui, avait menacé d'acheter l'île, de l'annexer même, pou…

7 août 2026 · 4 min

International

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Tunisie, pénurie d'eau et d'électricité nationale

À la fin d’août 2026, la Tunisie suffoque sous 50 degrés, portant la consommation au record de 6 000 mégawatts. Le réseau de la STEG, saturé, impose des délestages massifs qui coupent l'eau aux robinets et menacent la survie des patients sous assistance respiratoire. Face aux frigos éteints et aux élevages décimés, le président Kaïs Saïed dénonce des « actes prémédités », quand les techniciens déplorent un système vieillissant incapable d'absorber la fournaise. « On dirait que Dieu a ouvert les portes de l’enfer ». À Tunis, dans une pâtisserie plongée dans le noir, l’employée regarde ses gâteaux s’affaisser sous la moiteur. À Bhar Lazreg, Mariem n’a plus de ventilateur; elle s’allonge à même le carrelage, une bouteille d’eau congelée pressée contre la poitrine pour ne pas étouffer. Dans la banlieue sud, un boucher écoute ses chambres froides gémir à chaque baisse de tension. « Ils vont me bousiller mon frigo », lâche-t-il, impuissant devant ses quartiers de viande qui commencent à suer. À Manouba, la conduite principale de 800 millimètres a lâché net, asséchant les réservoirs d’El Fejja et laissant Mornaguia et Tebourba sans une goutte d’eau. C’est le règne de la débrouille. On évite les ascenseurs par peur du piège. On attend la nuit, mais le courant s'éteint encore de 22h à 1h du matin. Les familles des quartiers Kallèch et Ben Dhiaf guettent désormais le robinet comme un miracle. Le réseau électrique tunisien est un grand corps malade qui survit grâce à un cordon ombilical algérien: 75 % du gaz brûlé dans les centrales vient du voisin. La STEG, architecte de ce chaos, affiche une dette de 7,3 milliards de dinars, alors que les administrations publiques lui doivent 6 milliards. C'est une faillite qui transpire. Pour sauver ce qui reste de stabilité, on découpe le pays en zones de silence, de Menzel Bourguiba à Gabès, en passant par les quartiers de Djerba comme Midoun ou Houmt Souk. On débranche les humbles pour n…

28 août 2026 · 9 min

Matthieu Pigasse, le banquier d'affaires qui drague la gauche pour 2027

À Châteauneuf-sur-Isère, ce mois d'août 2026, l'air vibre d'une étrange alliance entre les coffres-forts et les barricades. Matthieu Pigasse, banquier de haut vol, y déploie ses « convergences » avec les Insoumis pour 2027. Derrière les sourires à Manuel Bompard, nous décryptons la manœuvre d'un homme qui veut transformer l'or en bulletins de vote. Tee-shirt noir et baskets blanches, le patron de Combat Media déboule sur l’estrade le 22 août 2026. Cet ancien du cabinet de Dominique Strauss-Kahn, diplômé de l’ENA, ne se contente plus de négocier les créances de la Grèce ou de l’Ukraine. Devant un millier de militants, il certifie désormais la viabilité économique du programme insoumis, décrivant une France entrée en zone « prérévolutionnaire ». La manœuvre s’est accélérée en mai 2026, lors d’un échange à l’Hôtel Providence où il glissait à Olivier Faure sa disponibilité pour le premier rôle. Entre deux restructurations de dettes souveraines, le propriétaire de Radio Nova, des *Inrocks*, du journal le Monde participait à l'université d'été de la France Insoumise. L'occasion de prendre à revers le monde de la finance en assénant: "ce que vous dites à LFI, c’est possible, économiquement" au sujet de la sortie de Jean-Luc Mélenchon qui avait promis, quelques jours plus tôt de "foutre au feu" la dette française. Jordan Bardella a dégainé sur le réseau social X, fustigeant une « économie pour les nuls » et accusant le banquier de raconter n'importe quoi. Pour le patron du Rassemblement national, l'idée d'effacer les créances détenues par la Banque de France est une illusion comptable: l'institution appartenant à l'État, les intérêts qu'elle perçoit lui reviennent déjà sous forme de dividendes. Pigasse ne désarme pas et renvoie l'eurodéputé à l'étude du bilan de l'Eurosystème, où dorment près de 700 milliards d'euros de titres souverains français. « Qui décide de ce que nous faisons de notre argent? No…

25 août 2026 · 5 min

Washington dirige le Venezuela et démantèle le TPI

En janvier, les forces américaines ont mis la main sur Nicolás Maduro. Depuis, le Venezuela respire un air nouveau, celui de Washington. Delcy Rodríguez, présidente par intérim, a réorganisé l'état-major militaire le 25 juillet. Dans la foulée, le pays, sous la tutelle américaine, s'est retiré du Tribunal Pénal International, une décision saluée par Donald Trump lui-même le 25 juillet. La souveraineté vénézuélienne, autrefois un cri, est devenue un murmure sous la direction de Marco Rubio, le vice-roi de facto depuis les bureaux de Washington. Ce n'est plus une question d'influence, mais de mainmise. Washington dicte sa loi, écartant María Corina Machado des pourparlers pour de nouvelles élections. Donald Trump, lui, salue le "travail fantastique" de Delcy Rodríguez, pendant que son administration orchestre le démantèlement du Tribunal Pénal International. Le Venezuela devient un laboratoire grandeur nature de la puissance américaine unilatérale. Les pourparlers pour une « transition démocratique » s'ouvriront le 1er août. L'administration américaine les soutient. L'opposition, pourtant, n'y sera pas représentée par María Corina Machado, la figure la plus populaire du pays. C'est Dinorah Figuera, exilée depuis 2018 en Espagne, qui a fait son retour à Caracas pour prendre la tête des négociations. Le Département d'État américain l'avait invitée. La nouvelle a pris de court une grande partie de l'opposition qui avait désigné Machado pour ces discussions. La Maison Blanche, elle, a découragé le retour de Machado, craignant des troubles civils. Machado avait pourtant offert sa médaille du prix Nobel à Donald Trump en janvier. Voilà comment on bâtit une démocratie, en choisissant ses interlocuteurs. À Washington, Marco Rubio ne se contente pas de regarder. Le secrétaire d'État, selon le *New York Times*, dirige le Venezuela depuis son bureau, un « vice-roi de facto ». Pendant ce temps, Delcy Rodríguez remanie les forces…

19 août 2026 · 5 min

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Saint-Gilles abandonnée aux Kalachnikovs par un État sourd aux appels au secours

Le 24 août 2026, dix-huit impacts de balles ont lacéré la place des Deux Bancs sous les yeux d'enfants pétrifiés. Ce décryptage explore le gouffre entre le cri du maïeur Jean Spinette et la communication du ministre Bernard Quintin. La loi s'efface désormais devant le sifflement du plomb. La série débute dans la nuit du 21 au 22 août 2026, rue Démosthène à Anderlecht, où le commissariat local sert de cible à une arme automatique. Deux silhouettes juchées sur des trottinettes arrosent la pierre avant de s'éclipser. Le samedi soir, le sifflement du plomb s'invite au croisement des rues Gustave Defnet et du Monténégro pour loger une balle dans la jambe d'un passant. Le dimanche 23 août, à 7 heures, le réveil sonne sous forme de projectile: une trajectoire perdue traverse la fenêtre d'un appartement au 4 rue Fontainas, manquant de peu une habitante encore au lit. La nuit suivante, la chaussée de Forest résonne à son tour, provoquant l'interpellation de deux suspects. Ce cycle de quatre fusillades en quatre jours transforme le quartier en un stand de tir permanent où la police ramasse les douilles à la cadence du narcotrafic. Jean Spinette ne décolère pas dans ce qu’il persiste à appeler son « village ». Le maïeur socialiste a passé sa soirée à consoler des enfants attablés à une terrasse de pizzeria pendant qu'un tireur s'évaporait dans la nature, laissant derrière lui une population qui n'ose plus regarder par la fenêtre. Pour lui, la sécurité de base a simplement disparu. Il regarde les impacts au sol, dix-huit marques de mépris pour la loi, et envisage désormais de requérir la police fédérale sur la base de l'article 43 de la loi sur la fonction de police. C’est le dernier recours, le bouton d’alarme qui permet de solliciter des renforts nationaux quand les moyens locaux sont épuisés face à une menace grave et imminente contre l'ordre public. ### Le recours à la loi de fer Cela fait tro…

27 août 2026 · 6 min

City Team: Quarante rideaux de fer baissés pour purger le centre-ville de ses trafics

Trois hommes ont suffi pour passer les pavés bruxellois au crible durant douze mois. Derrière les enseignes éteintes, une traque méthodique contre les poisons et les nuisances sanitaires bouscule l'économie de quartier. Reste à comprendre si ce grand nettoyage laissera un vide béant ou une chance aux honnêtes gens. L'inventaire, dressé ce lundi 17 août 2026, ressemble à un catalogue de foire aux saisies. Pour poser les scellés, l'Auditorat du travail et le SPF Santé publique ont épaulé la City Team dans les sex-shops et les ongleries. Sur plus de 750 procès-verbaux rédigés, 549 ciblent le Code pénal quand 216 sanctionnent les écarts routiers. Dans les arrière-boutiques, les agents ont déterré 19 000 médicaments et 8 387 unités de poppers. On a raflé 47 armes prohibées et 6 000 cigarettes électroniques dissimulées. La valeur marchande de ce fatras atteint 385 000 euros, auxquels s'ajoutent 37 000 euros en coupures de liquide. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées pour traite des êtres humains ou vente de produits nocifs. Entre les 67 kilos de chicha et les 53 bonbonnes de protoxyde d'azote confisqués, le centre-ville voit s'évaporer une économie de l'ombre de plus de 420 000 euros. On ne se contente plus de surveiller les estaminets à la mode ou les gargotes de quartier. La City Team pousse désormais la porte des vaposhops et de ces boutiques de CBD qui envahissent le pavé bruxellois avec une insolence de chiendent. Les magasins de souvenirs, souvent perçus comme d'inoffensives devantures pour touristes, figurent en bonne place sur la liste des contrôles. Chaque rideau baissé raconte une histoire de règlements sanitaires bafoués ou de nuisances que les riverains ne supportaient plus. Les agents s'invitent dans les recoins sombres des commerces pour vérifier que l'activité déclarée ne cache pas des dérives plus sombres, loin de l'œil du promeneur distrait qui ne voit …

18 août 2026 · 5 min

Dix-neuf communes, deux autopompes: l’impuissance du SIAMU, fiction administrative.

Samedi 25 juillet 2026, trente-sept pompiers seulement veillent sur un million de Bruxellois. Ce contingent dérisoire ne permet de mobiliser que deux échelles pour dix-neuf communes. Cette arithmétique du vide interroge la survie du service public face à un sous-effectif que les promesses budgétaires ne masquent plus. Tout a basculé le 21 juillet 2026, jour de fête nationale où le front commun CGSP, ACV et SLFP a cessé de faire semblant. Ce n'est pas un coup de tête, mais l'aboutissement d'un mépris cuit à feu doux: on a imposé les 38 heures sans embaucher un seul bras pour compenser le repos des autres. Déjà, le 31 décembre dernier, les casernes avaient crié famine d'effectifs dans le silence de la Saint-Sylvestre. La centrale 112 ne fonctionne plus qu'à moitié, tandis que la couverture médicale s'effondre à 60 % de sa capacité. On impose des mutations sans mot dire et on menace de supprimer les congés des 2 et 15 novembre pour boucher les trous d'un cadre qui prend l'eau. Dans l'ombre de la tour OXY, où six corps ont été retirés des décombres le 14 juillet, le personnel refuse désormais les évaluations annuelles qui servent de cravache à une direction aux abois. Patrick Giebens, délégué CGSP, a sorti son ardoise pour doucher l'enthousiasme ministériel. Le gouvernement promet quarante engagés avant les frimas de décembre, mais le calcul est une grimace: soixante à soixante-dix pompiers quitteront le service sur la même période. C’est une baignoire dont on ouvre le robinet à moitié alors que la bonde est grande ouverte. Le solde net est une saignée. On remplace des vétérans par des promesses, et le cadre opérationnel s'effiloche comme une vieille corde de chanvre. Steven Gilissen, de l'ACV, a flairé le tour de passe-passe budgétaire. Ces dix millions d'euros, jetés comme un os à ronger, risquent de retourner dans les coffres de la Région à la fin de l'exercice. Pourquoi? Parce que l…

25 juillet 2026 · 5 min

Environnement

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Soixante ans pour réparer les cicatrices écologiques du brasier des Fagnes

L'incendie historique ayant dévasté 3 000 hectares de la réserve naturelle soulève une crise écologique dont la résolution s'étendra sur deux générations. Entre la lente régénération des tourbières et la mobilisation du Fonds de solidarité européen, nous analysons les mécanismes de reconstruction d'un écosystème défiguré. Voici le décryptage des défis financiers et biologiques qui attendent le haut plateau. Le 14 août 2026 à 17h30, l'alerte BE-Alert signale les premières flammes sur les hauteurs de Liège. La Belgique sollicite le mécanisme européen de protection civile dès le vendredi après-midi. À l'aérodrome de Spa-La Sauvenière, une coordination internationale regroupe des experts de Suède, d'Allemagne, de Norvège et des Pays-Bas. Deux avions suédois de type Air Tractor Fire Boss opèrent des largages avec un Chinook néerlandais. Le feu pénètre les couches profondes de tourbe, couvant hors de portée des lances classiques. Hervé Jamar, gouverneur de la province de Liège, maintient le périmètre bouclé face à des reprises nocturnes dans le secteur est. Trois cents habitants de Sourbrodt, Bütgenbach et Montjoie ont quitté leurs foyers durant cinq jours. La circulation sur les nationales N68 et N672 reste interdite pour laisser passage aux camions-citernes 4X4 de la Défense et du Limbourg. Michael Bleret estime que les traces du passage thermique aux abords des tourbières actives resteront visibles durant cinq à six décennies. Le feu altère la composition chimique du sol et anéantit les micro-habitats de nombreuses espèces protégées [web research context]. Ces écosystèmes servent de réservoirs de carbone dont la régénération naturelle s'avère extrêmement lente [web research context]. Laurence Drèze, représentante du WWF-Belgique, rapporte un silence total dû à la disparition des oiseaux et des insectes dans les secteurs calcinés. La vie s'est tue. La Fondation Roi Baudouin gère le compte BE10 0…

20 août 2026 · 5 min

Le brasier des Hautes Fagnes expose l'impréparation structurelle de la Belgique

Près de 3 000 hectares de landes ont brûlé depuis le 14 août 2026 dans les Hautes Fagnes. Bien que la solidarité européenne ait soutenu les pompiers, ce sinistre record force à interroger la résilience de notre modèle national de gestion de crise. Analyse d'un dispositif confronté à ses limites logistiques. L’alerte a été donnée vendredi 14 août à 13h06 par un steward près de Baelen. Le foyer initial, situé dans la Fagne des Deux-Séries, s’est étendu à 850 hectares samedi matin avant de franchir le seuil des 2 700 hectares le soir même. Une sécheresse persistante depuis juillet et des pics de température à 37°C ont transformé les landes en un combustible hautement volatil. Six véhicules Panther de la Défense et 250 intervenants ont convergé vers le plateau. La configuration accidentée du terrain et la tourbe, qui couve à plusieurs mètres de profondeur, ont entravé la progression des engins lourds. La Belgique a activé le mécanisme européen de protection civile pour obtenir deux bombardiers d'eau suédois et des hélicoptères Chinook néerlandais. L'ordre d'évacuation a touché quinze rues de Sourbrodt et plusieurs quartiers de Bütgenbach. Environ 600 riverains ont quitté leur domicile, dont une vingtaine logeait au centre sportif de Malmedy dimanche matin. Le Centre d’analyse des risques du changement climatique (Cerac) alertait dès 2025 sur le profil inadapté des services de secours nationaux. Les casernes belges restent calibrées pour le feu urbain. Nils Bourland, expert au sein de cet organisme, soulignait alors que la formation et le matériel ne répondaient pas à l’évolution des menaces forestières. La réalité du terrain confirme ce décalage structurel. Jean-Paul Bastin, bourgmestre de Malmedy, dénonce une disparité capacitaire flagrante entre les flottes nationales et les renforts étrangers. Les hélicoptères de la police fédérale se limitent à des largages de 800 litres d’eau. Les Chin…

16 août 2026 · 5 min

La négligence humaine brave l'alerte rouge des massifs wallons

Ce mercredi 29 juillet 2026, le thermomètre franchit les 30 degrés et le CORTEX fait basculer la Wallonie en alerte rouge pour les milieux ouverts. J'ai vu la terre craqueler sous un soleil de plomb, rappelant l'été 2018, pendant que les provinces de Liège, Namur et Luxembourg se transforment en véritables poudrières végétales. À Gedinne, il a fallu soixante pompiers et des renforts français pour fixer sept hectares de résineux partis en fumée à la Croix-Scaille. On interdit, on prévient, mais la fumée des bivouacs clandestins continue de narguer les arrêtés de police du gouverneur Denis Mathen. La bêtise humaine est un combustible que même l'alerte rouge ne parvient pas à refroidir. Cette bêtise est une statistique: neuf sinistres sur dix naissent d'une main distraite ou d'un mépris souverain pour la règle. À Furfooz, il a fallu pomper l'eau de la Lesse pour sauver deux hectares de réserve naturelle, tandis que les drones survolaient les cendres de Viroinval. On jette encore des mégots par les portières et l'on gare des moteurs brûlants dans les herbes hautes. Vincent Verrue, du DNF, l'avoue sans détour: face à cet entêtement, personne ne peut prétendre que nous sommes prêts. Voyez Bertrix, où l'on s'apprête à accueillir trente mille curieux pour la « Demo Forest », malgré le ciel qui menace de s'embraser. Cent soixante-dix exposants vont faire vrombir leurs machines sur un parcours de quatre kilomètres tracé en pleine forêt publique. Natacha Perat, la coordinatrice de cette kermesse sylvestre, assure que les abords sont débroussaillés et que l'interdiction de fumer sera surveillée comme le lait sur le feu par les agents du DNF. C’est une curiosité unique en Europe de voir ces engins en action réelle, mais le risque, lui, n'a rien d'un spectacle pour des services de secours déjà sur les dents. À la Croix-Scaille, le travail de Sisyphe a débuté sous un vent qui s'obstine à souffler sur les cendres. Patr…

28 juillet 2026 · 5 min

Sport

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Le pari parisien: cinquante-cinq millions d'euros pour Mika Godts.

Le Paris Saint-Germain a posé quarante-cinq millions d'euros, plus dix en option, pour arracher Mika Godts à l'Ajax. À vingt-et-un ans, l'ailier belge signe jusqu'en 2031 pour justifier un tarif de crack après ses dix-sept buts amstellodamois. Reste à voir si ce gamin n'est qu'une promesse payée au prix fort par l'administration du Parc. L'affaire s'est nouée le 17 août 2026, au terme d'un mois de pressing exercé par Luis Campos et Luis Enrique. Arsenal suivait déjà depuis juin ce prodige de Louvain, lancé chez les Diables Rouges en mars avant d'être boudé pour le Mondial par le sélectionneur Rudi Garcia. À Amsterdam, le directeur technique Jordi Cruyff a rendu les armes malgré un bail qui courait jusqu'en 2029. L'ancien de Genk, débarqué aux Pays-Bas en janvier 2023, sort d'une saison à quinze passes décisives, une performance que seuls deux autres joueurs ont égalée en Eredivisie depuis 2011. Le nouveau numéro 22 a franchi l'étape de la visite médicale ce samedi. Pour saluer le départ du droitier d'un mètre soixante-seize, les Amstellodamois ont déployé une bâche sur les quais de Seine, face à la Tour Eiffel, proclamant que l'avenir lui appartenait. "C'est le meilleur club du monde.". Devant les micros de la télévision officielle, le nouveau numéro 22 n'a pas bégayé sa leçon. Le patron du club, le conseiller sportif et le technicien espagnol se sont personnellement chargés de la séduction, prouvant au jeune homme qu'il était la pièce manquante de leur puzzle. On ne refuse pas une telle cour quand on a de l'ambition plein les crampons et un engagement qui court sur plusieurs saisons. ### L'étiquette Zlatan et le prix du génie Aux Pays-Bas, le polissage a pris du temps. Avant l'explosion, il y eut la patience. Lors de l'exercice 2024-2025, l'attaquant s'était déjà signalé avec huit buts et sept offrandes en quarante-sept sorties. C'était le prélude. Ses performances lui ont valu une nomination pour …

18 août 2026 · 5 min

La FIFA, entre la morale et le tiroir-caisse

J'ai vu, de mes propres yeux, la pelouse d'Atlanta s'enflammer d'un coup de théâtre bien peu sportif. À peine le coup de sifflet final avait-il retenti sur la détresse anglaise que Giovani Lo Celso et ses camarades déployaient leur fameuse banderole revendiquant les Malouines. Un affront politique en mondovision. Là où l'UEFA sabrait sans trembler les Espagnols Rodri et Morata pour un refrain sur Gibraltar, la FIFA s'enferme aujourd'hui dans un mutisme de greffier, feignant d'analyser de vagues rapports de match. Ne cherchez pas de grandeur morale chez Gianni Infantino. La rigueur éthique de la FIFA s’arrête net là où s’ouvrent les guichets de sa finale au MetLife Stadium. Suspendre Lionel Messi pour un outrage politique? Allons donc! À 11 117 dollars le billet moyen, le tiroir-caisse l'emporte toujours sur la règle. À Nyon, l'UEFA n'avait pas cillé pour suspendre Álvaro Morata et Rodri d'un match ferme après leurs refrains sur Gibraltar. À Atlanta, Lionel Messi, Leandro Paredes et Lisandro Martínez paradent avec leur calicot nationaliste sous le nez des caméras. Paredes s'en va même expliquer au micro que cet archipel contesté appartiendra toujours à sa patrie. Face à cela, la commission de discipline de la FIFA « évalue ». Elle lit les rapports, elle pèse les virgules, elle attend sagement que le vent tourne. C’est que l'éthique a le pas lourd quand les dollars pèsent des tonnes. Il faut dire que le temple du New Jersey se prépare à un office d'or massif. Dimanche, le MetLife Stadium accueillera la finale la plus coûteuse de l'histoire du sport, avec un billet moyen fixé au tarif astronomique de 11 117 dollars. Les places les moins chères s'arrachent à 4 000 dollars, et les loges frôlent l'indécence. Gianni Infantino justifie cette foire aux enchères par la maturité du marché américain du divertissement. La FIFA va jusqu'à vendre la pelouse par petits morceaux pour arrondir ses fins de mois. Allez donc priver un tel pu…

17 juillet 2026 · 4 min

Société

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Bruxelles: l'hébergement d'urgence condamne 83% des familles et quinze nourrissons au trottoir

En juillet 2026, le Samusocial a débouté 244 familles, condamnant 238 enfants à l'errance immédiate. Tandis que le gouvernement fédéral orchestre la suppression de 1 000 places d'accueil via le "Brussels Deal", les structures d'urgence basculent dans un tri par la vulnérabilité. Entre l'insalubrité de Koekelberg et les recours judiciaires à Uccle, 1 555 personnes restent bloquées sur la liste d'attente de BelRefugees. Une mobilisation est attendue le 18 août place de l'Albertine pour dénoncer cette faillite structurelle. À Koekelberg, l’humidité ronge les dortoirs jusqu'à étouffer les plus petits. En juillet, deux enfants ont quitté leurs lits de fortune pour des lits d'hôpital, les bronches sifflantes de moisissure. C'est le serpent qui se mord la queue: on soigne les poumons le jour pour les renvoyer au taudis le soir. Parmi les déboutés du mois, soixante-cinq gamins n'avaient pas encore deux ans. Dans les couloirs du Samusocial, on ne gère plus de l'humain, on gère des rebuts. Lundi, trente demandeurs d'asile ont cru toucher au but rue Beeckman, à Uccle. Ils ont déballé les sacs, tâté les draps propres de l'ancienne maison de repos Armonea. Mardi, à seize heures, la notification tombait: tout le monde dehors. Les huissiers veillent au grain pour les riverains inquiets de l'urbanisme. On a donc rechargé les camions pour ramener les familles vers les murs qui suintent. Le "Brussels Deal" a fonctionné comme une guillotine budgétaire. En quinze jours, le gouvernement fédéral a tranché dans le vif: trois cents lits supprimés d'abord, puis sept cents autres dans la foulée. La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, liquide ainsi la moitié des deux mille places financées par ce dispositif avant même les premiers gels. Pour le Samusocial, c’est une amputation de 40 % de sa capacité d'urgence. Cette saignée intervient alors que le dénombrement de Bruss’hel…

14 août 2026 · 9 min

Guillaume Pley: quand les enquêtes démantèlent l'impunité des "codes internet"

Des enquêtes récentes sur Guillaume Pley révèlent un climat de travail délétère et des échanges inappropriés avec des mineures, s'étendant de ses années NRJ à Legend. Ces révélations des *Inrocks*, *Le Monde* et du vidéaste TPZ, remettent en question l'impunité des "codes internet". Elles soulignent une exigence nouvelle de responsabilité pour les personnalités médiatiques du web. Les enquêtes des *Inrockuptibles*, publiées en août 2026, ont fait état d'échanges ambigus entre Guillaume Pley et des mineures durant ses années NRJ. Une jeune femme de 16 ans a montré des captures où l'animateur l'appelait "baby" et complimentait son physique, avec une allusion à ses 18 ans. Une autre a rapporté des faits similaires à 14 ans, évoquant une recherche de contact physique. Ces investigations ont également dépeint un environnement professionnel toxique au sein de Legend. D'anciens collaborateurs ont décrit des horaires excessifs, des messages nocturnes, des humiliations, et la tolérance de propos racistes ou sexistes. Guillaume Pley a reconnu le 7 août 2026 des messages "inappropriés", justifiant leur origine par une "cogestion" de ses comptes. D'anciens membres de son équipe, dont Florent Le Gars, ont contesté cette version, niant tout accès à ses messages privés. La vidéo d'enquête du vidéaste TPZ, initialement retirée de YouTube pour droits d'auteur le 2 août 2026, a été republiée le 5 août 2026. Guillaume Pley a admis que ce qui « était peut-être acceptable à l'époque ne l'est plus », soulignant que « la société a changé depuis, et en bien ». Cette prise de conscience intervient alors que les enquêtes ont mis en lumière des pratiques de ses années NRJ (2011-2018), notamment des canulars téléphoniques à connotation sexuelle et des défis diffusés en direct. Une ancienne stagiaire, alors âgée de 19 ans, a témoigné avoir été sollicitée pour se faire passer pour une escorte sur un site de rencontre…

10 août 2026 · 5 min

RMB: faibles marges et succession arrangée

La Régie Média Belge, filiale à 99,99% de la RTBF, se doit d'une rigueur publique exemplaire, mais la nomination de son futur CEO est minée par des conflits d'intérêts. Cette gestion, aux marges nettes dérisoires, pèse sur les 350 millions d'euros que la Fédération Wallonie-Bruxelles verse à la RTBF chaque année. Le départ à la retraite d'Yves Gérard, patron de la RMB depuis 25 ans, fin juillet 2026, a ouvert la chasse à sa succession. Massimo Papa, directeur général adjoint, occupe la fonction par intérim. La procédure de recrutement est gérée par Patricia Brijnaert, directrice financière, qui est aussi la belle-sœur de M. Papa. Le 24 juin 2026, le chef de la comptabilité et subordonné de Mme Brijnaert, a envoyé un courriel à tous les employés de la RMB, les invitant à soutenir "volontairement" la candidature de Massimo Papa avant le 1er juillet. Cette démarche, inaccessible aux candidats externes, a créé un malaise en interne. Parallèlement, l'accord signé en janvier 2026 avec France Télévisions pour la commercialisation de ses espaces publicitaires en Belgique a provoqué une "crise majeure" chez les médias privés belges francophones. Le "volontaire" soutien à Massimo Papa, orchestré par le chef de la comptabilité, résonne étrangement quand on sait que la directrice financière Patricia Brijnaert, belle-sœur du candidat, gère aussi la procédure de recrutement. Une situation qui, en interne, ne manque pas de piquant. Mme Brijnaert, réputée pour un management "tyrannique", avec des allégations de "propos racistes" et de "harcèlement" de ses employés, même si aucune plainte officielle n'a été déposée, installe un "climat délétère". Les employés, invités à signer une pétition de soutien, se retrouvent devant un choix cornélien: approuver le candidat de la direction ou risquer d'être "identifiés par leur abstention". Un bel exemple de "volontariat" sous contrainte. Pendant que l'on s'affaire à ces délicates manœuvres de succes…

8 août 2026 · 6 min

La négligence humaine brave l'alerte rouge des massifs wallons

Ce mercredi 29 juillet 2026, le thermomètre franchit les 30 degrés et le CORTEX fait basculer la Wallonie en alerte rouge pour les milieux ouverts. J'ai vu la terre craqueler sous un soleil de plomb, rappelant l'été 2018, pendant que les provinces de Liège, Namur et Luxembourg se transforment en véritables poudrières végétales. À Gedinne, il a fallu soixante pompiers et des renforts français pour fixer sept hectares de résineux partis en fumée à la Croix-Scaille. On interdit, on prévient, mais la fumée des bivouacs clandestins continue de narguer les arrêtés de police du gouverneur Denis Mathen. La bêtise humaine est un combustible que même l'alerte rouge ne parvient pas à refroidir. Cette bêtise est une statistique: neuf sinistres sur dix naissent d'une main distraite ou d'un mépris souverain pour la règle. À Furfooz, il a fallu pomper l'eau de la Lesse pour sauver deux hectares de réserve naturelle, tandis que les drones survolaient les cendres de Viroinval. On jette encore des mégots par les portières et l'on gare des moteurs brûlants dans les herbes hautes. Vincent Verrue, du DNF, l'avoue sans détour: face à cet entêtement, personne ne peut prétendre que nous sommes prêts. Voyez Bertrix, où l'on s'apprête à accueillir trente mille curieux pour la « Demo Forest », malgré le ciel qui menace de s'embraser. Cent soixante-dix exposants vont faire vrombir leurs machines sur un parcours de quatre kilomètres tracé en pleine forêt publique. Natacha Perat, la coordinatrice de cette kermesse sylvestre, assure que les abords sont débroussaillés et que l'interdiction de fumer sera surveillée comme le lait sur le feu par les agents du DNF. C’est une curiosité unique en Europe de voir ces engins en action réelle, mais le risque, lui, n'a rien d'un spectacle pour des services de secours déjà sur les dents. À la Croix-Scaille, le travail de Sisyphe a débuté sous un vent qui s'obstine à souffler sur les cendres. Patr…

28 juillet 2026 · 5 min

Sport
E 75S 76N 73V 75

La FIFA, entre la morale et le tiroir-caisse

J'ai vu, de mes propres yeux, la pelouse d'Atlanta s'enflammer d'un coup de théâtre bien peu sportif. À peine le coup de sifflet final avait-il retenti sur la détresse anglaise que Giovani Lo Celso et ses camarades déployaient leur fameuse banderole revendiquant les Malouines. Un affront politique en mondovision. Là où l'UEFA sabrait sans trembler les Espagnols Rodri et Morata pour un refrain sur Gibraltar, la FIFA s'enferme aujourd'hui dans un mutisme de greffier, feignant d'analyser de vagues rapports de match. Ne cherchez pas de grandeur morale chez Gianni Infantino. La rigueur éthique de la FIFA s’arrête net là où s’ouvrent les guichets de sa finale au MetLife Stadium. Suspendre Lionel Messi pour un outrage politique? Allons donc! À 11 117 dollars le billet moyen, le tiroir-caisse l'emporte toujours sur la règle. À Nyon, l'UEFA n'avait pas cillé pour suspendre Álvaro Morata et Rodri d'un match ferme après leurs refrains sur Gibraltar. À Atlanta, Lionel Messi, Leandro Paredes et Lisandro Martínez paradent avec leur calicot nationaliste sous le nez des caméras. Paredes s'en va même expliquer au micro que cet archipel contesté appartiendra toujours à sa patrie. Face à cela, la commission de discipline de la FIFA « évalue ». Elle lit les rapports, elle pèse les virgules, elle attend sagement que le vent tourne. C’est que l'éthique a le pas lourd quand les dollars pèsent des tonnes. Il faut dire que le temple du New Jersey se prépare à un office d'or massif. Dimanche, le MetLife Stadium accueillera la finale la plus coûteuse de l'histoire du sport, avec un billet moyen fixé au tarif astronomique de 11 117 dollars. Les places les moins chères s'arrachent à 4 000 dollars, et les loges frôlent l'indécence. Gianni Infantino justifie cette foire aux enchères par la maturité du marché américain du divertissement. La FIFA va jusqu'à vendre la pelouse par petits morceaux pour arrondir ses fins de mois. Allez donc priver un tel pu…

17 juillet 2026 · 4 min

Sport
E 76S 76N 73V 76

Comment les Diables Rouges ont lavé l’affront de Trump par une victoire éclatante

Il y a des victoires qui ont le goût d'une revanche. Celle des Diables Rouges face aux États-Unis, pays hôte, est de cette trempe. La veille, le monde du football assistait, stupéfait, à une ingérence politique flagrante : sur demande expresse de Donald Trump, la FIFA annulait la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun. L’affront était total. La réponse fut donnée sur le terrain, avec un score sans appel de 4-1, et prolongée dans l’intimité du vestiaire par une imitation de la "Trump Dance" qui en dit long sur le mépris des joueurs. Le sport, ce soir-là, a remis la politique à sa place. Cette affaire est bien plus qu'une anecdote. Elle révèle une FIFA « perméable aux ingérences », pour reprendre les mots de la ministre des Sports Jacqueline Galant, qui s'est dite « scandalisée » par la décision. En cédant à la demande expresse de Donald Trump, l'instance a troqué l'équité sportive contre la manœuvre politique. La victoire belge n'était donc pas seulement un exploit; c'était une restauration. Celle de la simple justice du terrain face aux caprices du pouvoir. L’affaire a commencé par une entorse au règlement. Exclu sur carton rouge lors du seizième de finale contre la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun n’aurait jamais dû affronter la Belgique. Mais la veille du duel, la FIFA a levé sa suspension sur « demande expresse du président américain Donald Trump ». Face à cette décision qualifiée d’« incompréhensible », la ministre des Sports Jacqueline Galant a annoncé vouloir porter le débat sur la bonne gouvernance des fédérations sportives au niveau européen. L’ingérence n’était plus une rumeur, mais un fait politique assumé. Sur la pelouse du Lumen Field de Seattle, la réponse fut brutale: 4-1. L'attaquant gracié par le pouvoir politique fut aussi inoffensif que ses coéquipiers, aucun n'étant au niveau d'un huitième de finale de Coupe du monde. Les Diable…

9 juillet 2026 · 4 min

25 août 2026
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Washington dirige le Venezuela et démantèle le TPI

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Le pari parisien: cinquante-cinq millions d'euros pour Mika Godts.

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City Team: Quarante rideaux de fer baissés pour purger le centre-ville de ses trafics

Bruxelles · · 18 août 2026

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Le brasier des Hautes Fagnes expose l'impréparation structurelle de la Belgique

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Bruxelles: l'hébergement d'urgence condamne 83% des familles et quinze nourrissons au trottoir

Société · · 14 août 2026

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Guillaume Pley: quand les enquêtes démantèlent l'impunité des "codes internet"

Société · · 10 août 2026

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Benjamin Netanyahu percute le plan Trump pour sauver son siège en octobre

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RMB: faibles marges et succession arrangée

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Engie refile ses vieilles carcasses nucléaires sur le dos des Belges

Politique · · 7 août 2026

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Trente Belges s'aventurent au Groenland face aux géants

Politique · · 7 août 2026

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Sam Altman maquille un piratage en miracle de la singularité

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La négligence humaine brave l'alerte rouge des massifs wallons

Chroniques · · 28 juillet 2026

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L'imprudence humaine qui embrase la Wallonie au mépris de l'alerte rouge

Environnement · · 28 juillet 2026

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L'impasse d'une souveraineté américaine sauvée par le pragmatisme défensif de Pékin

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Dix-neuf communes, deux autopompes: l’impuissance du SIAMU, fiction administrative.

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L'impasse du token IA

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Le F-35 brade l’autonomie belge pour une poignée de boulons en titane

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OpenAI s'évade: le risque cyber devient menace biologique pour l'intégrité d'internet.

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Le latin du Te Deum nargue la neutralité de l'État sous le regard de Bart De Wever

Bruxelles · · 22 juillet 2026

New York rejette le sacre de Trump

Au MetLife Stadium, Donald Trump veut faire de la finale Espagne-Argentine son plébiscite personnel. Cette mise en scène se heurte à la colère d'une métropole new-yorkaise hostile à sa politique. Décryptage d'une opération de communication à haut risque, où les huées locales menacent de parasiter les écrans du monde entier. Vendredi, Donald Trump a reçu Gianni Infantino à la Trump Tower. Cette mise en scène officielle intervient après la révélation d'un appel téléphonique du locataire de la Maison-Blanche au patron de la FIFA, destiné à faire annuler le carton rouge reçu par le joueur américain Folarin Balogun. L'attaquant a pu disputer le huitième de finale perdu contre la Belgique. Ce dimanche 19 juillet à 21 heures, heure française, le chef de l'État remettra le trophée au vainqueur de la finale Espagne-Argentine au MetLife Stadium d'East Rutherford. L'enceinte de 80 000 places accueillera Melania Trump, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le Premier ministre canadien Mark Carney. Le président argentin Javier Milei a décliné l'invitation par superstition. Dimanche après-midi, les rues de Manhattan affichent un calme déroutant. Les supporters de la Roja et de l'Albiceleste se font rares de Central Park à Times Square, tandis que les habitants de la métropole se désintéressent d'une discipline sportive qui peine à s'imposer localement. Les esprits se tournent vers un autre scrutin. Les élections de mi-mandat prévues en novembre saturent les discussions politiques, laissant présager un revers électoral redouté par le clan républicain qui craint déjà de futures procédures d'impeachment au Congrès. Dans la tribune officielle, l'ambiance s'annonce glaciale. Le président argentin Javier Milei a choisi de rester à Buenos Aires pour suivre la rencontre devant sa télévision, drapé dans sa veste fétiche de la compagnie pétrolière YPF par pure superstition. Donald Trump devra composer av…

19 juillet 2026 · 4 min