Depuis la mi-juillet 2026, la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG), dirigée par Fayçal Trifa, impose des coupures tournantes à travers la Tunisie pour éviter l'effondrement d'un réseau saturé par la canicule. Si l'opérateur qualifie ces délestages de « moindre mal » technique, cette gestion sans calendrier transparent prive brutalement de courant des milliers de foyers. La survie des malades sous assistance respiratoire à domicile dépend désormais d'un rétablissement de l'énergie effectué sans aucun préavis. Reste à savoir comment ce monopole d'État compte assumer le coût humain et économique d'une crise qu'il refuse d'anticiper. À Sidi Bouzid, le thermomètre flirte avec les 48°C à l'ombre. Dans une chambre étouffante, le ronronnement régulier du concentrateur d'oxygène d'un vieil homme s'arrête net. Plus un souffle. Dehors, un silence lourd s'installe, brisé seulement par le hurlement lointain d'une sirène d'ambulance. C'est l'heure du délestage surprise de la STEG. Sur sa page Facebook, le monopole d'État publie de longues listes de quartiers menacés, mais refuse de fixer des horaires précis. « Le rétablissement du courant s'effectuera sans préavis », prévient froidement l'administration. Pour les malades à domicile, chaque minute d'obscurité devient une roulette russe respiratoire. C'était le « moindre mal » promis par les ingénieurs de Tunis. Dans les bureaux climatisés de Tunis, la direction de la STEG a trouvé sa parade linguistique. Hend Ennaifer, directrice commerciale, plaide l'« imprévisible » sur les ondes d'Express FM. Pour elle, couper le courant est un « choix technique » indispensable pour éviter l'effondrement généralisé. L'équation est pourtant simple: la demande d'électricité culmine à 5 000 mégawatts quand les centrales n'en produisent que 4 630. Ce déficit de 370 mégawatts, la STEG le gère à la petite semaine, en coupant les lignes à sa guise. Cette arithmétique bu…
En se pourvoyant en cassation, la candidate du Rassemblement National suspend sa peine mais ne lève pas l'hypothèque judiciaire. Le calendrier de la Cour transforme sa course à l'Élysée en un pari à haut risque : la décision, attendue juste avant le premier tour d'avril 2027, la présentera aux électeurs soit blanchie, soit fraîchement condamnée. Le 7 juillet, la cour d’appel de Paris a condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds publics à une peine d'un an sous bracelet électronique. Les juges, au nom de la « liberté de choix de l’électeur », ne l'ont toutefois pas privée de son éligibilité. Le soir même, sur le plateau de TF1, la cheffe du Rassemblement national a annoncé son pourvoi en cassation, une procédure qui suspend immédiatement l'exécution de sa peine. Dans la foulée, elle a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, lançant sa campagne dès le lendemain dans la Sarthe. La Cour de cassation a précisé son calendrier le 8 juillet: elle pourrait rendre son arrêt « au plus tard début avril 2027 ». Une décision qui tomberait ainsi juste avant le premier tour du scrutin, prévu le 18 avril 2027. Le pourvoi en cassation de Marine Le Pen repose sur un unique et mince argument de droit, déjà balayé à deux reprises. Sa défense soutient que l'article 432-15 du Code pénal, qui punit le détournement de fonds par une « personne dépositaire de l'autorité publique », ne s'applique qu'aux agents nationaux. Un député européen, plaide-t-on, relèverait d'une instance internationale et échapperait donc à ce cadre. La cour d'appel de Paris a sèchement rejeté cette lecture. Dans leur arrêt, les magistrats ont estimé qu'un élu au Parlement européen exerce bien une « mission de service public » et que les fonds européens, issus des contributions des États membres, sont bien des « fonds publics ». La Cour de cassation, qui ne juge que la bonne application du droit et non le fond de l'affaire, devra donc trancher ce point techn…