Mercredi soir, Bart De Wever a convoqué Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale, et Jean Deboutte, directeur de l'Agence de la dette, pour un rappel à l'ordre. Les deux experts ont averti: sans mesures drastiques, l'effet « boule de neige » des intérêts pourrait survenir dès 2028, avançant de trois ans les prévisions de 2031. Samedi, Moody’s a maintenu la note A1 du pays, offrant un sursis fragile à une coalition épuisée par les bilatérales.
La séance de samedi s'est close après trois heures de débats stériles sur un tableau où la N-VA propose de porter la TVA à 22 % et d'unifier les taux réduits à 9 %. Le MR rejette ce schéma, tandis qu'un veto libéral bloque le sort de treize boursiers gazaouis. Entre les cabinets, l'estimation des recettes de la « ligne zéro » fluctue de 2,3 à 4 milliards d'euros.
De Wever a jeté sur le tapis un « startkader », une note d’une demi-page à peine, où le flou sert de paravent pour ne point effaroucher les susceptibilités. Ce menu de 14 milliards de mesures, qu’il s’agit de raboter pour atteindre l’objectif, ressemble à un inventaire où chaque ministre pioche ses aversions. Le Premier ministre s'épuise à maintenir un équilibre entre la rigueur flamande et les boucliers sociaux du CD&V ou de Vooruit.
David Clarinval, pour le MR, a tenté une manœuvre de diversion en proposant de couper l’effort en deux: cinq milliards cette année, cinq la suivante. Cette tactique du saucissonnage a été balayée par les partenaires, refusant de naviguer à vue face aux variables mondiales. Le libéral a quitté la table en actant de « très très nombreuses divergences », affirmant que le gouvernement était encore « très très loin d’un accord ».
L’ossature de l’Arizona craque sur trois points de friction: Le refus libéral de toute fiscalité nouvelle, malgré les gestes vers l’horeca et la construction. La résistance des Engagés face aux coupes dans les soins de santé, jugées excessives. Le bras de fer sur le sort des malades de longue durée.
L’échéance de 2031, qui servait jusqu'alors de boussole aux argentiers du royaume, a volé en éclats mercredi soir. Pierre Wunsch et Jean Deboutte ont prévenu le kern: l’emballement des charges de la dette pourrait survenir dès 2028. Ce glissement de trois ans, provoqué par la montée des taux d'intérêt et le contexte géopolitique, transforme l'urgence budgétaire en un mur infranchissable sans un coup de barre immédiat.
Le maintien de la note A1 par Moody’s ce samedi offre un répit fragile, mais ne règle rien au désordre des calculettes ministérielles. Les experts s'affrontent sur la « ligne zéro », cette évaluation des recettes projetées qui varie de 2,3 à 4 milliards d’euros selon les cabinets. Ce gouffre de près de deux milliards entre les prévisions empêche de trancher l'ampleur réelle du manque à gagner accumulé dans les portefeuilles de chaque ministre.
David Clarinval a tenté de scinder l'effort budgétaire en deux tranches, reportant la seconde moitié à 2028. Cette option de « dynamisme » défendue par Georges-Louis Bouchez a été balayée par les autres partenaires, qui refusent de naviguer à vue face aux marchés financiers. Ce refus de jouer la montre fige les positions et transforme désormais chaque ligne de dépenses publiques en un casus belli.
L'impasse s'étend au sort des treize chercheurs de Gaza, dont l'accueil est bloqué par le seul veto du MR malgré un compromis trouvé entre les quatre autres partis. Maxime Prévot dénonce une « logique de chantage » liant ce dossier humanitaire aux arbitrages budgétaires. Ce blocage illustre la fragilité d'une alliance où la méfiance réciproque paralyse les décisions, rendant l'accord sur la norme de croissance des soins de santé de plus en plus incertain.
Moody’s a maintenu la note A1 ce samedi, offrant un répit en trompe-l'œil à une Belgique qui peine à boucler ses fins de mois. Ce dimanche, Bart De Wever s'enferme en tête-à-tête pour dénouer la « ligne zéro », cette bataille de comptables où les estimations de recettes oscillent entre 2,3 et 4 milliards d'euros. Faute de compromis, le spectre des douzièmes provisoires menace de paralyser l'État pour la deuxième année consécutive. On s'accroche désormais à un plan de croissance par la simplification administrative et la mobilisation de l'épargne privée, seul terrain où les cinq partenaires ne s'opposent pas encore. Mardi, le Premier ministre montera à la tribune sans sa vision globale, sa coalition réduite à une déclaration de politique générale a minima.