Le produit intérieur brut de la Belgique s'élevait à environ 642 milliards d'euros en 2025. L'exécutif doit remettre sa trajectoire pluriannuelle à la Commission européenne avant le 15 octobre prochain. Si les règles de l'Union imposent un assainissement de 7,7 milliards d'euros, le cabinet privilégie une marge de sécurité supérieure pour anticiper d'éventuels chocs internationaux.
Cette pression budgétaire naît de la crainte de voir les intérêts de la dette dépasser le taux de croissance. Ce cycle financier menace la solvabilité nationale. En 2025, l'absence d'accord budgétaire avait contraint l'État à fonctionner sous le régime des douzièmes provisoires. L'économiste Bart Van Craeynest rappelle qu'un seul point de PIB supplémentaire injecterait 3 milliards d'euros de recettes fiscales dans les caisses publiques.
Le scénario d'une harmonisation de la TVA à 9 % revient sur la table des discussions bilatérales. Cette réforme technique vise à compenser le coût de la baisse de la fiscalité sur le travail, estimé à 5 milliards d'euros par an, tout en déplaçant la charge fiscale vers la consommation finale. Le projet prévoit d'augmenter la quotité exemptée d'impôt pour offrir un gain moyen de 823 euros par an à chaque contribuable belge. Pour le Premier ministre, ce glissement fiscal doit stimuler l'emploi.
L'épargne salariale constitue un levier budgétaire immédiat avec un rendement potentiel d'un milliard d'euros. Le gouvernement envisage de soumettre à cotisations les primes d'intéressement et les abondements patronaux dès qu'ils franchissent le seuil de 3 000 euros par an. Cette mesure cible les niches sociales. Les plans d'épargne collectifs, comme le PERECO, sont visés par ce tour de vis fiscal qui pourrait intégrer le prochain projet de loi budgétaire de la Sécurité sociale.
Paul De Grauwe préconise de limiter le recours aux sociétés de management. Les 5 % de Belges les plus fortunés paient actuellement 37 % d'impôts sur leurs revenus, contre 47 % pour la moyenne nationale. Bart Van Craeynest alerte sur le risque de fuite des capitaux et des entrepreneurs en cas de taxation accrue du patrimoine. L'économiste du patronat estime que pénaliser l'investissement privé fragiliserait la compétitivité d'un pays où la pression fiscale sur le capital figure déjà parmi les plus élevées d'Europe.
Georges-Louis Bouchez rejette toute augmentation de la pression fiscale. Le président du MR s'oppose aux socialistes de Vooruit qui exigent une contribution des plus grandes fortunes pour préserver les services publics. À Waterloo, Adrien Dolimont a réaffirmé que de nouvelles recettes ne devaient pas impacter directement le portefeuille des citoyens wallons. Ce blocage idéologique oblige les négociateurs à réexaminer des pistes sensibles comme le saut d'index ou la suppression des aides aux premiers engagements.
La norme de santé et le droit d'asile subissent des coupes. L'exécutif étudie un relèvement du ticket modérateur pour freiner la progression naturelle des dépenses de protection sociale et réduire ainsi le déficit des comptes de la Sécurité sociale. Gert Peersman souligne que la suppression des aides au recrutement n'aurait qu'un impact marginal sur l'activité économique réelle. Ces arbitrages finaux détermineront si la coalition Arizona parvient à stabiliser les finances publiques sans provoquer une récession durable.
Bart De Wever a fixé l'échéance interne au 13 octobre prochain. Si les partenaires de la coalition Arizona ne parviennent pas à un compromis, le Premier ministre pourrait remettre son mandat au Roi, ce qui déclencherait mécaniquement des élections anticipées à l'automne. La crise politique deviendrait totale. Ce redressement financier conditionne désormais le rang diplomatique et économique de la Belgique en Europe.
Sans un assainissement rapide, l'auto-alimentation de la dette privera l'État des moyens nécessaires pour financer la police, la justice ou les investissements indispensables dans la transition énergétique. La N-VA cible déjà les Régions pour 2029. Le gouvernement doit rassurer les marchés financiers pour éviter une envolée des taux d'intérêt qui rendrait toute relance économique nationale totalement impossible.